18 November 2013

Félix Neff..un évangéliste infatigable

Ce soir, j'ai eu le temps et le plaisir de lire les blogs de mes ami/es et voici que j'ai trouvé une citation de Félix Neff, et je dois dire que ce nom ne me disait rien du tout. J'ai fait un peu de recherche et voici ce que j'ai trouvé sur le site de la Revue réformée net.

Le Réveil francophone du XIXe siècle débuta à Genève, peu après 1810, et fut marqué à la fois par une influence morave et un enracinement dans l’orthodoxie calviniste. De la ville de Calvin, il se répandit très vite dans toute la francophonie. Renouveau de la foi et de la théologie, il eut aussi un impact dans le domaine social, dont le fruit se fit sentir en Europe et en terre de mission tout au cours du XIXe siècle.

Le premier à retenir notre attention est Félix Neff (1797-1829), un des convertis du Réveil de Genève. Il travailla avec un zèle infatigable dans les vallées de Fressinières et du Queyras, dans les Hautes-Alpes françaises. Régions impropres à l’habitat humain où, des siècles auparavant, avaient dû se réfugier les descendants des disciples de Valdo pour échapper aux massacres. Au fil du temps, isolement et consanguinité aidant, cette population était tombée dans la déchéance et une misère indicible. Voici comment Neff décrit ses premières impressions: «Beaucoup de maisons sont sans cheminées et presque sans fenêtres. Toute la famille, pendant les sept mois de l’hiver, croupit dans le fumier de l’étable, qu’on ne nettoie qu’une fois par an. Leurs vêtements, leurs aliments sont aussi grossiers et aussi malpropres que le logement. On cuit du pain de seigle une fois par an. Les femmes sont traitées avec dureté, elles ne s’asseyent presque jamais et ne mangent pas avec les hommes; ceux-ci leur donnent quelques pièces de pain et de pitance par-dessus l’épaule, sans se retourner; elles reçoivent cette chétive portion en baisant la main et en faisant une profonde révérence. Les habitants de ces tristes hameaux étaient si sauvages à mon arrivée qu’à la vue d’un étranger ils se précipitaient dans leurs chaumières.»4 C’est la prédication de l’Evangile dans sa simplicité qui va être la puissance capable de transformer ce triste tableau!

Neff devait faire à pied 230 kilomètres pour visiter l’ensemble des hameaux de sa paroisse, ce qu’il faisait fidèlement chaque trois semaines, par tous les temps, parcourant 1600 à 1800 kilomètres par année, franchissant des cols en plein hiver, parfois avec de la neige jusqu’aux cuisses. Il dit n’avoir pas dormi cinq nuits de suite dans le même lit (le terme lit est un euphémisme…) durant quatre ans. Lorsqu’il arrive, même au milieu de la nuit, les habitants de ces hameaux reculés se réunissent pour écouter ses messages. On passe les veillées dans les étables; on chante des psaumes, on explique quelques paroles de la Bible, Neff fait le catéchisme, appelle à la repentance et à la conversion dans le plus pur style du Réveil, déclenchant parfois des torrents de larmes. Avant tout évangéliste, il fut l’instrument d’un réveil spirituel qui, comme ce fut le cas pour son modèle Jean-Frédéric Oberlin, toucha tous les domaines de l’existence. Ce Réveil fut long à venir, mais porta des fruits remarquables, éveillant cette population fruste et quasi abandonnée par les Eglises en un pays qui s’éveille à une foi vivante et à une activité économique entièrement renouvelée.
Il fallut construire des maisons plus salubres et des écoles. Jusque-là, les classes, quand il y en avait et c’était rare, se tenaient dans d’humides et obscures étables où, selon Neff, les écoliers, enfoncés dans le fumier, devaient défendre leurs cahiers et leurs livres des poules et des chèvres qui sautaient sur la table.

Neff fonda à Dormillouse, en 1825, une école pilote pour former des instituteurs: ce fut la première école normale de France, à 1800 mètres d’altitude! Durant les quelques mois d’une session, les élèves travaillaient jusqu’à quatorze heures par jour.
L’évangéliste initia la population à de nouvelles cultures, notamment la pomme de terre, jusqu’alors quasi improductive (Neff avait fait, dans sa jeunesse, un apprentissage de jardinier). Il recruta une cinquantaine d’hommes pour des travaux communautaires, afin de créer des canalisations pour diriger l’eau des torrents, qui se perdait dans les ravins, vers les pâturages et les jardins potagers.
L’«apôtre des Hautes-Alpes» meurt, épuisé par sa tâche, à l’âge de 32 ans, figure exemplaire du Réveil alliant le zèle pour l’évangélisation à l’engagement pour améliorer l’existence d’une population vivant dans un grand dénuement.
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